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French in the education of the nobility: Mikhail Shcherbatov’s letters to his son Dmitrii

Texts

Sources: RGADA, f. 1289, op. 1, d. 517, fols 12-13 (the first of the three letters reproduced below); 33-34 (second letter); 174-74 v. (third letter). First published in М. М. Shcherbatov, Избранные труды [Selected Works], ed. S. G. Kalinina (Moscow: ROSSPEN, 2010), pp. 108-13. Reprinted in Переписка князя М.М.Щербатова. Публикация со введением, комментариями и именным указателем подготовлена С.Г.Калининой [The Correspondence of M. M. Shcherbatov. A Publication with an Introduction, Commentary and Index of Names by S. G. Kalinina] (Moscow: Drevlekhranilishche, 2011), pp. 352-54, 357-61, 366-68.

We have selected the following extracts from Shcherbatov’s letters to his son Dmitrii, using the text printed in the volume Переписка князя М.М.Щербатова cited above. We reproduce those texts with the kind permission of the Moscow publisher Drevlekhranilishche (Древлехранилище) and the editor of the volume, S. G. Kalinina.

We have preserved the spelling and punctuation of the version in the printed source that we have used, without yet checking the archival text to ensure that no minute departures from that text, e.g. in punctuation, have crept into the printed version.

 

Transcription

1. Letter from Mikhail Shcherbatov to his son Dmitrii (1775)

Mon cher fils!

Aussitot après l’arrivée de Mr. Brayko[1] à Moscou je prends la plume pour vous ecrire, non seulement pour vous informer de l’etat de nôtre famille, mais aussi pour vous donner les avis paternels. Il vous est trop connus mon cher fils mon amour paternel envers mes enfans et le soin, que je pris de leur procurer un education convenable, tant que mes occupations m’ont put permettre de joindre les devoirs d’un precepteur a ceux du père; vous le sçavez mon fils si j’avois jamais refusé de le faire, mais quand accables d’affaires qui regardent le gouvernement de l’etat, quand tous les momens de mes jours sont destinés pour le service actuelle de ma Souveraine, je crus, que puis que je suis citoyen avant d’être père, je dois m’y appliquer prefereblement a ces devoirs; mais pour ne pas negliger aussi votre education je pris la resolution de vous eloigner de ma Maison et de vous remettre entre les mains dignes de vous donner une education convenable. Vous etez plus heureux mon fils, que même je n’aurait pas osé esperer. Mr. Werner[2] a bien voulut se charger de vous. Sa lettre, tous ce que m’a dit Mr. Brayko, et ce que j’attend meme des autres me le persuadent. Ainsi, mon cher fils, ayant comencé aussi heureusement tachez de vous en rendre digne: que tout ce que vous devez a vos parents pour votre naissance, pour les soins qu’ils ont pris de vôtre santé et qu’ils continuent de prendre pour votre education et pour votre avancement dans le monde se rapportent a present a Mr. Werner et a sa digne Epouse, car sachez mon fils, que votre respect et votre reconnaissance envers lui doivent etre sans borne, c’est par la que vous prouverez que vous avez le cœur digne de votre naissance et que la vertu chez vous va croissant avec l’age: or il n’y a point de qualité ni d’etude qui puisse compenser le manque de bons sentimens, et un berger vertueux avec de bons sentimens est preferable au fils de celui qui est assis sur le thron, mais qui manque de vertus, comme avoit dit un de nos poetes. Mais sans plus generaliser vos devoirs envers mr Werner je dirai quelque chose en detaille: que votre respect et votre obeissance envers Lui et madame son Epouse soient parfaite, que votre sincerité leur demontrent en meme temps votre devouement et votre confiance, et enfin ne faite rien de quelque consequence, pas meme de sortir de la Maison sans leurs permission. Une parelle conduite vous gagnera de plus en plus l’affection de ces personnes, qui se rependra sur vous en des instructions utiles dont vous en ressentirai les consequences jusqu'à la fin de vos jours, et en me formant un fils vertueux feront la consolation de ma viellesse.

Voila mon cher fils ce que j’avois a vous dire sur la conduite, que vous devez tenir dans la maison, ou vous demeurez, mais je veux vous parler encore sur vos etudes. Vous sçavez mon fils combien la langue allemande est necessaire en Russie; plusieurs provinces qui font partie de nôtre vaste empire parlent cette langue; nôtre proximité aux pays allemands; les diverses relations, que nous avons avec cette nation celte vous font cette obligation; vous etes dans une ville, ou la langue commune est l’allemande, tachez donc par votre application a vous instruire au plutôt, enfin de parvenir á écouter les lecons des Messieurs les Professeurs. Mr. Werner me marque, qu’il vous faira instruire privatissime dans la science des Ingenieurs par Mr.Douailler,[3] vous avez de l’inclination pour cette science, et même avoit déjà quelques connaissances, tachez donc non seulement de conserver, ce que vous avez acquis, mais même d’y aquerir encore, enfin de vous rendre plus utile a votre Patrie et de meriter votre nom; mais pour en profiter avec plus d’avantage des instructions de Mr. Douailler ne vous bornez pas au temps qu’il donnera a votre instruction, tachez de mediter en son absence sur tous les problemes, qu’il vous montrera, observez toues les Liaisons metaphisiques de ces problemes, leurs marche, les causes, qui ont fait decouvrir les diverses proprietes des figures, cella vous apprendra a raisonner juste, a voir les causes par les effets dans les choses, ou les autres qui n’ont point reflechis n’appercevront rien, et une pareille habitude des reflexions s’etendra sur toutes les actions dans le reste de vos jours. Vous sçavez mon fils, que ce n’est qu’apres avoir passé l’age de 35 ans, que je commencé l’etude des mathematiques, et que cette science par l’attrais de la verité et par l’evidence de demonstrations fait le charme de mon Loisir. Ne croyez pas mon fils que vos réflexions faites par vous-même ne puissent vous rien de couvrir de nouveaux mais sachez, que dans les divers figures des mathematiques et dans les diverses transpositions des calculs algébriques, a chaque pas vous trouverez des nouvelles corollaires des verites déjà demontrées, que le maitre ne vous a pas expliqué, ni qui ne sont pas necessaires à l’explication, a cause de la facilité de leurs decouvertes, mais qui neanmoins font beaucoup des plaisirs a celui qui les decouvre, ou croi les decouvrir; j’auroit put vous en citer plusieurs exemples, mais comme ce n’est pas un traité des mathematiques, mais une lettre paternelle, que je vous ecrit, je laisserai a vous d’en faire la preuve de ce que je vous dis.

La lecture des livres historiques, dont Mr. Werner veut vous communiquer vous est très nécessaire, tachez mon fils d’observer toutes les belles actions, que vous trouverez dans l’histoire, et d’en faire vôtre profit, et observer bien, que l’horreur des mauvaises actions n’a pas pus être effacée, par le cours de plusieurs siecles, et que les deshonneurs de ceux qui ont eut le malheur de s’abandonner a triomphé de temps et […].[4]

2. Letter from Mikhail Shcherbatov to his son Dmitrii (11 June 1775)

Mon cher fils !

Je reçu votre Lettre en datte du 2/13 du mai, dont je vous remercie, quoi que je ne suis guere contant ni de votre stile, ni de votre orthographe françoise. C’est pour cella que je vous conseille en ami et en père de vous appliquer a lire les bons auteurs françois, et a tacher de former votre stile sur ces bons modeles ; pour ce qui est de l’orthographe, je ne peut qu’être surprit que vous la sçavez si peu, puisque malgré le caractere attrabilaire de l’abbe de l’Ile,[5] il faut cependant lui rendre justice qu’il possede parfaitement la grammaire, et qu’il a taché de vous en instruire ; cinq années mon fils que vous avez passé en etude continuel de la langue françoise, devoient vous donner un peu plus de connoissance de cette Langue, qui est a present si rependus en Europe et par consequent necessaire tant pour la conversation, que pour l’instruction a cause du grand nombre de bons auteurs qui ont écrit en cette langue. A present que vous parvenez a un age de raison tachez donc de compenser ce que vous avez perdu par l’etourderie de la jeunesse.

Ce n’est pas par une vaine demangeaison d’avoir des enfans sçavant que je vous repete toujours d’avoir toute l’application possible pour les Etudes, mais c’est que je suis formement[6] persuadé qu’un homme qui n’est pas bien instruit, ne peut avoir ni une solide vertu, ni être utile à sa patrie, ni enfin faire son bonheur. Sur le premier article je vous dirai en peu de mots, que c’est un axiome que nous ne pouvons pas aimer ce que nous ignorons, or celui qui ignore ce que c’est la vertu, et en quels occasions quels sont ses diverses modifications, n’agira que par instinct, et ses actions quoique souvent faites dans des tres bons intentions auront cependant l’air et l’effet tout contraire ; mais je vous parlerai d’une des principales vertus d’un citoyen qui est l’amour de la patrie, pour la quelle nous devons nous sacrifier, et a plus forte raison ne sont nous pas obligé d’employer quelques années de nôtre jeunesse pour nous rendre utile au pays qui nous a donné la naissance et cella d’autant plus avec raison, que tout ce que nous ferons dans cette occasion ne peut que tourner à notre bien.

Pour vous parler donc de l’amour de la Patrie il faut considerer 1) les obligations que nous avons a elle, 2) les exemples des grands hommes, et 3) l’utilité que nous en revient a nous même.

Si l’homme se considere du moment de sa naissance, il verra qu’il est né comme la plus miserable creature, sans force, sans entendement, sans vetemens &c : Les loix du pays, ou il est né ont pourvû déjà d’avance a la subsistance de ses parens, qui se trouvent par la en êtat de lui fournir les premiers alimens, il est defendu par les loix contre toute sorte de violence, et enfin sa debile enfance se nourit, s’abillent des produits de son pays, ou ce que son pays recoit par echange de ses denrées ; commence t’il a croitre et parvient il a l’adolescence, cette même patrie toujour attentiff au soin pour ses enfans lui presente les diverses moiens a subsister et a lui rendre service, suivant les diverses êtats des hommes, les uns sont destiné a cultiver la terre et a se nurire de ses productions et a nourrir les autres ; les autres a gagner leurs vies par les diverses metiers et a procurer les commodités de leurs compatriotes, quelq’uns se destinent au negoce pour faire des echangents des denrées de leur pay[s][7] contre celle des autres et procurer par l’abondance a leur pays et diverses commodites a leur compatriotes, et enfin les autres sont destiné a la defendre, ou a la gouverner, chaqu une de ces occupations, est defenduë par des loix, chaque classe des hommes a ses privileges et prerogatives, et en procurant les avantages aux autres jouit même de certains avantages ; ajoutez a cella les liaisons que nous en avons recut dans notre jeunesse, les amities que nous contractons, les biens que nous possedons, tous cella a prendre depuis nôtre tendre enfance a la quelle la patrie et ses enfans ont fournit les premiers alimens, nôtre adolescence ou elle nous a proposé les diverses moiens de lui etre utile, notre virilité ou nous entrons dans les fonctions des citoyens et recevons les recompenses et les avantages attaches à l’etat que nous avons embrassé, et notre viellesse a la quelle elle assur une tranquille retraite nous oblige a lui être attaché et par une juste reconnoissance la recompenser des biens qu’elle nous donne.

Leonidas at ThermopylaeUne quantité des grands hommes ont tellement senti ces obligations que dans toutes ces occasions ou cella fut necessaire ils n’ont pas hesité un moment a sacrifier leurs vie pour elle. Temoins Themistocle[8] qui quoi que chassé de son pays par une injuste partie n’a pas voulut cependent aider au Roi de Perse a conqueri la Grece et prefera un mort volontaire a toute la prosperité dans la quelle il vivoit dans son refuge. Les 300 Spartiates avec leur Roi Leonidas[9] ne hesiterent pas a se sacrifier au salut de la Grece ; Socrate[10] injustement condamné n’a pas voulut prendre la fuite et transgresser les loix de sa patrie, les Decies peres et fils[11] se desavouerent eux-mêmes aux Dieux manes pour procurer l’avantage a leurs pays, Regulus[12] prisonier chez les Cartaginois voulut plutôt mourir d’un suplice tiranique que de donner un mauvais conseille au Senat de Rome et aquerir pour prix sa propre liberte. La famille des Fabius[13] au nombre de 300 personnes dans les dissentions dommestiques se sacrifia pour la defence de son pays. Mais sans aller chercher de ses illustres exemples chez les nations et dans le tems eloigné, jettons les yeux sur notre propre pays, qui peut être nous offre des vertus nationals et des actions heroiques faites non pas par un seul mais par des societes entiers, nous y verrons des Princes Pozarsky[14] qui du lieu de leur refuge assemblerent les troupes et sauverent Moscou et avec elle la Russie des mains des Polonnois qui en ont eté déjà les maitres ; Chouisky[15] avec les principeaux de la noblesse delivra la Russie du joug de l’usurpateur et imposteur Rostriga ;[16] toute la noblesse aida a Pierre le grand d’appaiser les revoltes et d’exterminer les Strelitz,[17] milice inquiete et toujours prête a se revolter.

death of SocratesIl est donc visible que nous devons par titre de reconnnoissance et de devoir attestée par tant des grands hommes avoir l’amour de la Patrie. Mais aussi si cet amour est joint a un esprit eclairé, qu’elle [quel] bien elle nous procure a nous même : premierement nous goutons la douce satisfaction de n’etre point un fardeau inutil sur la terre et de pouvoir compter nos jour par nos services, la Patrie de son coté par les rangs et par les biens, qui nous procure, ou des moiens de lui être plus utiles nous donne de la consideration dans le monde et flatte notre amour propre, ou nous met dans le cas d’avoir plus d’aisance dans la vie, recompense nos services et encourage les autres a nous imiter.

Appliquez vous mon fils ces maximes et sachez quele [sic] ciel vous fit naitre d’une famille qui a remonter plusieurs siecles vous presente des ancetres illustres par leurs services a la Patrie, et les loix de vôtre Patrie en vous conservant un rang au dessus du commun, au moment de vôtre naissance vous ont offert déjà le premier moien a aspirer a tous les rangs les plus considerables ; c’est a vous a present de suivre le chemin que la Patrie vous offre pour votre bonheur, eclairez vôtre Esprit par toutes les connoissances necessaires et utiles a un homme de naissance, ornez vôtre cœur de toutes les vertus d’un chretien et d’un citoyen et vous serez heureux, et d’autant plus heureux que vous meriterai de l’être, autrement avec l’indignation de vos parens n’attendez que les malheurs dont vous-même serai l’artisant, pour n’avoir pas voulut suivre les avis d’un père tendre, et qui ne souhaite autre chose que vôtre propre bien : adieu mon cher fils, portez vous bien, je suis en priant Dieu de vous etre propice et d’eclairer vôtre esprit et votre cœur. Mon fils, vôtre tres affectionné père Michel Pr. de Scherbatowo.

11 Junii [sic] 1775. Moscau [sic].

3. Letter from Mikhail Shcherbatov to his son Dmitrii (28 April/9 May)

Mon cher fils!

Je reçu vôtre lettre en date du 3/14 d’avril, dont je vous remercie d’autant plus que tant par cette lettre, que par le sentiment qui vous avez marqué en lisant ma precedente, vous avez fait voir un cœur digne de vôtre naissance. Je ne peux qu’être charmé des progres que vous faites dans la langue allemande, qui est si necessaire à un gentilhomme russe, mais je voudrois mon fils que vous vous appliquiez avec encore plus de ferveur sans vous ennuer ni de la difficulté de la prononciation, ni de tous les autres épines que l’on rancontre dans l’étude des langues, car sachez que nule rose sans épine, et que cette peine sera recompensée aux centuples quand ont a surmonté toute cette difficulté ; et en effet auroit on put honnorer la connoissance des langues et celle des sciences si on auroit put les acquerir sans peine et sans fatigue. Je vous dirai encore un motif qui doit vous y forcer à cette application, qui est le service militaire. Vous sçavez trop bien que nous demerons dan un pays qui est limitrophe a plusieurs autres ou cette langue est la dominante, que plusieurs de nos provinces y parlent cette langue, que le gouvernement y encourage cette étude, or etant obligé de converser souvent avec des gens, qui n’entendent point d’autre idiome que celui la, jugez si vous pouvez comprendre toute la force des ordres que vous donneront en cette langue vos superieures, ou les donner a vos inferieures sans les sçavoir vous-même. Je scais que vous aimez le service militaire, et que naturellement porté pour cette noble art des vôtre jeunesse vous avez montré beaucoup d’inclination pour les manimans des armes, mais sachez mon fils, qu’il ne suffit pas a un bon officier d’être brave et de sçaivoir executer les mouvemens d’un regiment, car puis que l’art militaire, n’est autre chose que le courage soumis a une regle, pour faire triompher le petit nombre du plus grand, et pour parvenir à la connaissance necessaire de ce moyen, non seulement mon fils il faut une grande connoissance de la tactique, de la situation loquale du pays, mais il faut y joindre beaucoup des lectures, avec des serieuses reflexions. Enfin d’avoir toujours present à votre idée ce que les grands homes ont fait dans les divers cas ou ils se sont trouvé. Le pays ou vous habitez vous offre un illustre exemple de ce que peut faire l’étude quand on l’applique a l’art de la guerre ; le feu Roi de Prusse avoit laissé une assez grande armée, plutôt exercée pour la parade que pour la guerre, et tandit que l’exercice de ces troupes occupoit le vieux roi, son fils Friderique,[18] le roi regnant s’occuper a l’etudier et assurement le voyant continuellement occupé à l’étude on n’auroit pas crut alors que ce jeune Prince sera le reformateur de l’art militaire et la terreur de l’Europe ; mais non, tandit que les uns s’exercoit machinalement, le jeune heros foisait ses observations sur l’art de la guerre qu’il employa avec un si grand avantage contre ses ennemis. Il reforma ses troupes, donna des nouveaux reglemens, crea une nouvelle tactique, et enfin il servira d’exemple et d’emule a tous les gueriers que le monde produira. Vous voyez par la combien même pour le machinal de l’art de la guerr[e] l’etude est necessaire, mais sans vous parler de l’art d’attaquer et defend[re] les places, de l’art de bombardier, de la science d’artillerie, de celle de fortifier les villes, qui en eux même sont des sciences. Ne croyez pas mon fils que les hommes que l’on commendent soyent des automates, qui au moins d’un ou de plusieurs ressorts font leur mouvement, non ce sont des hommes capables des divers passions de terreur, de temerité de confiance et de mefiance, d’amour de la gloire et de timidité, donc en commendant aux hommes il s’agit d’acquerir leur confiance et cette defferance qui est le fruit, d’un merite et d’une capacité superieure ; or sachez mon fils que sans l’etude on ne peut acquerir ni l’un, ni l’autre, et que la connoissance du cœur humain que l’on ne peut aprendre, que par un etude assidui de l’histoire est absolument necessaire a toute homme qui se destine a quelque comendement que ce soit. Mais j’avois presqu’oublié de vous dire le premier principe d’un homme de guerre, qui est, que celui qui ne sçait pas obeir ne sçaura jamais commender, exercez vous donc a cette obeissance envers monsieur Werner et sa digne Epouse, obeissance d’autant plus douce que tous ce qu’ils vous prescrivent tant a vôtre propre bien ; sachez et soyez persuadé mon cher fils que tous ce que je vois par les lettres de Monsieur Werner me persuade fortement, que vous etez heureux et tres heureux d’êt[re] tombé en si bons mains ; Cherissez donc sa personne, respectez ses conseille[s] et obeissez a ses ordres comme a ceux d’un père, et je n’en doute pas que vous ne fassiez honneur a votre nom. En finissant cette lettre, je vous fai sçavoir que vous etez fait sergent, et si votre conduite sera approuvée par monsieur Werner et que vos progres repondrons a mes souhaits, je tacherai encore de faire quelque chose pour vôtre promotion ; adieu mon cher fils je vous recommende a la protection de Dieu et je suis votre affectionné père Michel Pr. de Scherbatowo.

Moscou ce le 28 d’avril/9 de mays.[19]

 

French in the education of the eighteenth-century nobility: Prince Mikhail Shcherbatov’s letters to his son Dmitrii: introduction

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*Image credits

Detail from a painting (1814) of the Spartan king Leonidas at Thermopylae by Jacques-Louis David: image courtesy of Olga's Gallery, www.abcgallery.com
Painting (1787) of the death of Socrates by Jacques-Louis David: image courtesy of Olga's Gallery, www.abcgallery.com


[1] Grigorii Leontevich Braiko (early 1740s-93) studied at the Kiev Mogila Theological Academy and the university attached to the Academy of Sciences in St Petersburg, before completing his studies in German universities. On his return to Russia he worked as a translator in the Academy of Sciences and then, from 1773, as a translator of Latin and Polish for Shcherbatov, who at that time was studying the archives of Peter I (the Great). Braiko subsequently served in the Department of Foreign Affairs, where he was a protégé of Count Nikita Panin (1718-83), the de facto Minister of Foreign Affairs during the first twenty years of the reign of Catherine II (the Great). Many of Braiko’s translations from English, French and German, were published in Russian journals. See http://russian_xviii_centure.academic.ru/110/%D0%91%D1%80%D0%B0%D0%B9%D0%BA%D0%BE_%D0%93%D1%80%D0%B8%D0%B3%D0%BE%D1%80%D0%B8%D0%B9_%D0%9B%D0%B5%D0%BE%D0%BD%D1%82%D1%8C%D0%B5%D0%B2%D0%B8%D1%87 (accessed on 26.01.2013).

[2] Jakob Friedrich Werner (1732-82) was Professor of Rhetoric and History at the University of Königsberg in East Prussia from 1755. In 1755-56 he also served as librarian in the Wallenrodt Library in Königsberg Cathedral: see http://www.manchester.edu/kant/bio/biokon2.htm#WernerG (accessed on 17.12.2012).

[3] Possibly a French émigré.

[4] The end of this letter is missing.

[5] The Abbé de l’Isle (dates unknown) was a teacher in the ‘Academy of the Tenth Line’, a prestigious boarding school that took its name from the street where it was situated on Vasiliev Island (Васильевский остров) in St Petersburg. The school had been founded in 1762-63 for the sons of the President of the St Petersburg Academy of Sciences, Kirill Razumovsky. De l’Isle was dismissed following complaints from two other teachers in the school, the historian August Lüdwig Schlözer (1735-1809) and the mathematician Stepan Rumovsky (1734-1812). He then took up a post as private tutor in Shcherbatov’s family and taught Shcherbatov’s children for over ten years. The French diplomat Marie Daniel Bourrée, baron de Corberon (1748-1810), who was the French chargé d’affaires in St Petersburg from 1775 to 1780, thought that Shcherbatov’s children (his sons Ivan and Dmitrii, we presume) had been well tutored by de l’Isle: see Marie-Daniel Bourrée de Corberon, Un diplomate français à la cour de Catherine II (1775-1780) – Journal intime du chevalier de Corberon, chargé d'affaires de France en Russie, publié d'après le manuscrit original, avec une introduction et des notes, par L.H. Labande [A French Diplomat at the Court of Catherine II (1775-1780) – Private Journal of the Chevalier de Corberon, French chargé d'affaires in Russia, published from the Original Manuscript, with an Introduction and Notes, by L. H. Labande] (Paris: Plon-Nourrit, 1901), vol. II, p. 393. See also Anne Mézin and Vladislav Rjéoutski (eds), Les Français en Russie au siècle des Lumières [The French in Russia during the Age of Enlightenment] (Ferney: CIEDS, 2011), vol. II, p. 241-42.

[6] It is possible that « fortement » is meant (Shcherbatov modifies « persuadé » with this adverb towards the end of the last of the letters that we reproduce here).

[7] The editors of the volume from which this text is reproduced have corrected Shcherbatov’s spelling in this instance.

[8] Themistocles (c. 524-459 BC) was an Athenian politician and military commander.

[9] Leonidas, King of Sparta, sacrificed himself and a group of his soldiers in order to save the greater part of the Greek force at the Battle of Thermopylae against the Persians in 480 BC.

[10] Socrates (c. 469 BC-399 BC) was an Athenian philosopher.

[11] Shcherbatov is referring to an ancient Roman family of plebeian origin which was known from the early fifth century BC and two of whose members were admired for sacrifices made for their country in the fourth and third centuries BC.

[12] Marcus Atilius Regulus (born probably before 307 BC, died 250 BC) was a Roman military commander and statesman who was captured by the Carthaginians at the Battle of Tunis in 255 BC during the First Punic War. According to Roman legend, Regulus was sent to Rome by the Carthaginians on parole in order to negotiate a peace but urged the Romans not to make peace and then honoured his parole by returning to Carthage, where he was cruelly put to death by the Carthaginians. He is held up as an example of Roman patriotism and honour.

[13] An ancient Roman family admired for their tradition of service to Rome in war and politics. According to Livy, in book 2 of his Early History of Rome, 306 of the Fabii perished in a battle with the Etruscans near the River Cremera in 477 BC.

[14] See the introductory essay that accompanies this text.

[15] Vasilii Shuisky (1553-1612) was one of the Russian aristocrats who led opposition to the first so-called False Dmitrii (Лжедмитрий; see the following note), one of three pretenders to the Russian throne during the Time of Troubles (Смутное время; 1598-1613). The Time of Troubles was a period of foreign invasion (by the forces of Poland and Lithuania), political instability, peasant revolt and famine. Shuisky was proclaimed tsar, as Vasilii IV, when False Dmitrii was deposed and killed in 1606. He ruled until 1610, but ended his days in captivity in Poland.

[16] False Dmitrii, usually identified as Grigorii Otrepev, claimed to be a son of Ivan the Terrible (Grand Prince 1533-47 and Tsar 1547-84). The infant Dmitrii, son of Ivan, had died in mysterious circumstances in 1591 and was thought by many to have been killed at the instigation of Boris Godunov (1552-1605). The first False Dmitrii, who was supported by the Poles under Sigismund III (1566-1632), was tsar from June 1605 to May 1606. He is described here by Shcherbatov as ‘Rostriga’ because Otrepev was a fugitive monk (Russian расстрига, an unfrocked monk).

[17] Shcherbatov is referring to the revolt of the Streltsy, units of Russian guardsmen, which took place in Moscow in 1698 while Peter I was in Western Europe. Peter returned to Russia and quickly crushed the revolt with the utmost ferocity.

[18] Shcherbatov is referring to Frederick the Great (1712-86), King of Prussia (1740-86), and his father Frederick William I (1688-1740) who was King of Prussia and Elector of Brandenburg, as Frederick William II, from 1713-40.

[19] It is not clear in which year this letter was written. In the edition from which we have taken the text the year 1775 is indicated as the possible date of composition. However, the fact that in the dossier in RGADA the letter occurs a long way after the letter of June 1775 which we have reproduced above leads us to think that it may have been written in 1776, although we cannot be sure of this.

 

Author of text: 
Shcherbatov, Mikhail
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Date: 
1775 to 1776
Gender: 
Male

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