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Xenophobia in French: Count Andrei Rostopchin’s reflections in the catalogue of his library

Text

Author: Rostopchin, Count Andrei.
Title: Catalogue anecdotique, bibliographique, biographique plus chronologique qu'alphabétique et facétieux accompagné d'une vinaigrette de notes, la plupart mal-sonnantes, pour les morts comme pour les vivants, des livres de la bibliothèque du Comte André Rostoptchine. 1861.
Archival reference number: RGB, Manuscript Section, f. 183, op. 1, d. 1089.

From the above file we have selected the following extracts, which are reproduced here with the kind permission of The Russian State Library (Российская государственная библиотека) in Moscow.

Transcription

Rostopchin catalogue

[page without number]

Кто жил и мыслил, тот не может в душе своей не презирать людей. А. Пушкин[1]

Je ris dans ma canine
De tout le genre humain, Et me b.... la p....
Si cela me convient, je vais mon train...
Sans me mettre en peine de rien
Je vais mon train, je vais mon train...

Chanson du XIXe siècle.

[page without number]

N.B. Les livres marqués d'une croix à la fin, ne valent pas la peine d'être achetés.

Une bibliothèque raisonnable ne doit pas dépasser cinq mille volumes. Où il y a 8 volumes, il y en a d'inutiles, où il y a plus de huit mille volumes, il y a des sottises.

Les livres les plus estimés des bibliophiles, sont les plus mauvais. Préférez les dernières éditions gr. format in. 8° à 2 col. Elles renferment tout et prennent moins de place.

C'est une action mauvaise et injustifiable, que de voler un livre, ou dépareiller une collection, dans une bibliothèque publique ou particulière, appartenant à quelqu'un qui connait le mérite d'un ouvrage. C'est une bonne action et très louable de voler un bon livre à un imbécille qui n'y comprend rien.

[p. 25]

168. [i.e. the no. of the catalogue item, in the margin]

Conspirations (des) et de la justice politique, par F. Guizot, Paris, Ladvocat, 1821.in.8°.

N.B. J’ai toujours trouvé de grands points de ressemblance dans les caractères et la vie de Mr Necker et de Mr. Guizot.[2] Tous deux suisses, protestants, fiers, vaniteux, entêtés, luttant contre les masses et les assemblées, finirent par voir se renverser sur la tête leurs pots-de-chambre. Mr. Guizot, en plus de Necker, était arrogant et grossier dans ses rapports sociaux, et l’adversité ne l’a pas rendu moins présomptueux; car bien peu de temps après sa chute, il imprimait encore des conseils aux Belges et leur donnait des avis sur la manière dont ils devaient se conduire. Il aurait pû etre un très bon ministre sous un Louis XIV, ou sous un Napoléon, mais sous un Louis-Philippe, la tête lui tourna, et il ne montra que son incapacité pour les grandes affaires et son peu de jugement sur le caractère, l’esprit et [p. 26] les affinités des français.

[p. 38]

239. [i.e. the no. of the catalogue item, in the margin]

Histoire universelle, (jusqu'à la bataille d'Actium, par le comte André Rostoptchine), Moscou, Semen, 1843-1844. 2 vol. in-8°.

N.B. J'ai écrit cette histoire pour mes enfants et je ne regrette pas le temps que j'y ai consacré, mais bien l'argent que j'ai dépensé pour la faire imprimer. A l'exception de quelques exemplaires, dont j'ai fait cadeau à des connaissances, pas un n'est sorti de la boutique du libraire. Cependant le bulletin Belge a du en avoir un, car il prétend que l'ouvrage n'est pas de moi, ce à quoi je lui oppose un démenti formel.

[p. 49]

Allemagne.[3]

N.B. Ces beaux pays, si richement doués par la nature, se trouvent actuellement dans un etat de confusion inexprimable, et ils n’en sortiront que quand la providance leur accorda un homme supérieur, surtout conquérant, qui en réunissant sous son sceptre les petits états, fera la loi à tout le monde. Bien des causes ont contribué à faire de l’Allemagne une tour de Babel au moral. En premier lieu il faut placer la réforme, qui amena les différences de religions et la grande quantité de sectes qui se haïssent entre elles. Elle amena à la aussi à sa suite de la séparation, la division dans les esprits, dont il résulta le morcellement territorial,[4] par conséquent la faiblesse. En second lieu et comme cause finale, je n’hésite pas à placer les Juifs, qui sont à présent dans presque[5] toutes les universités à la tête de l’enseignement, et qui corrompent par leurs doctrines toute la jeunesse actuelle. Dans tout autre pays un état pareil aurait amené depuis longtemps des luttes sanglantes, mais les allemands ont heureusement pour eux un calmant pour l’excitation des esprits et des nerfs. Ce calmant, tout puissant, c’est la bierre, qui les alourdit tant au physique qu’au moral, amortit la fougue de leurs pay passions et les rend capables seulement de crier, sans [illegible]les [illegible] à toute extrémité casser les vitres. […][6]

[p. 62]

Angleterre.

N.B. Cette nation est au moment de clore sa carrière. Le continent attend avec impatience le moment où la France abattra, pour le bonheur du monde entier, la force et la puissance de ce peuple astucieux, impudent, égoiste, inhumain, insatiable de richesses et charlatan, refuge de tous les brigands de l'Europe.

[p. 89]

France.[7]

N.B. La nation française, après avoir séduit l’Europe par son esprit au siècle de Louis XIV, a rendu l’univers témoin de sa dépravation, de ses folies et de ses crimes. Tombée du faîte de la puissance, où elle fût portée par le bras d’un génie malfaisant, que la providence érigea en fléau du genie-humain, elle prétend encore à présent, non seulement dominer l’Europe, mais l’associer à ses projets insensés, et par le moyen des révolutions, donner de nouveau des chaînes aux peuples et devenir la terreur des souverains.

Le Français est l’être le plus vain et le plus interressé de la terre. Sa passion est de courir après la fortune, son occupation de ramper à la source des grâces; il a été également prosterné aux pieds des ministres, des favoris et des maîtresses de Louis XIV, du cardinal Dubois, de Robespierre, de Bonaparte, de Louis XVIII, et il l’est maintenant devant les créatures de Napoléon III. Il se croit un être supérieur au reste de l’humanité, parceque sa langue est la plus répandue des langues vivantes. Il s’est convaincu lui-même et veut prouver aux autres, que jamais les armées françaises n’ont été battues. Qu’en 1812, les éléments seuls ont fait périr les braves qui avaient conquis la Russie; qu’en 1813 la bataille de Leiptzic était gagnée sans la défection des Saxons; qu’en 1814, c’est la défection des maréchaux qui a livré Paris aux alliés; qu’en 1855 ils ont pris d’assaut Sébastopol, d’où nos troupes s’étaient retirées en restant maîtres des forts qui dominaient la ville. Par sa nature le français est inquiet, il se plait à vivre dans le passé, rêve dans le présent et s’endort dans l’avenir. Il renferme son existance dans les vingt-quatre heures. Chan- [p. 90] geant d’opinion comme de mode, soumis à toute influence, étranger au sentiment, il est l’esclave des sensations et toujours prêt a faire une sottise. Chez lui la parole précède l’idée, l’action le motif, et toute sa vie est un impromptu. Il passe son temps à chercher des ridicules aux autres et à se mourir de peur qu’on ne lui en trouve. Son plus grand soin est de faire prendre le change sur ses mauvaises actions, qu’il couvre d’un vernis composé à son usage des mots: patrie, gloire, honneur. Ses plus grands ennemis sont la réflexion, l’ennui et l’inactivité. C’est un ballon gonflé de vanité, poussé par l’amour propre et que la tourbillon emporte. Bavard par inclination, il a une éloquance particulière; à la première vue il s’annonce en homme d’esprit; au bout d’une heure il se présente au naturel, c’est-à-dire ignorant et impudant. Un couplet de vaudeville dans lequel on parle de ses victoires, le met hors de lui-même, car il croit aveuglément[8] à tout ce qui flatte sa vanité. Tel qui va prier Dieu avec ferveur pour la prospérité de Napoléon, est capable au sortir de l’Eglise, d’aller l’attaquer aux Tuileries, s’il rencontre un attroupement, et puis, honteux et désespéré, s’excusera en disant qu’il a été entrainé. Il est fier d’être français, d’avoir fait la révolution, et d’avoir Paris pour capitale, qu’il considère comme celle de l’univers. Cette ville immense, qui dévore le pays et achève de corrompre la nation, est l’âme, le régent et le télégraphe de la France. Le tiers de ses habitans s’occupe depuis deux siècles à perfectionner tout ce qui peut flatter les sens, rendre son séjour préférable à celui des autres capitales, et multiplier à l’infini les moyens de satisfaire au luxe et aux goûts de tous ceux qui sont en état de payer. Cette ville, dont le quart est en boutiques et en magasins, contient plus d’un million d’habitans, dont deux sur dix vivent de charité publique, de de [sic] donations pieuses et des bienfaits du gouvernement. Vingt mille personnes [p. 91] ne savent où elles passeront la vie nuit. Vingt mille rentiers y attendent dans l’oisiveté la fin de leur égoiste existence. C’est l’aimant qui attire de la France entière tout ce qu’elle a de plus misérable et de plus dépravé; c’est un monde, un gouffre! L’enfer pour la jeunesse, l’observatoire pour l’âge mûr, et les champs-élisés pour la vieillesse. On peut tout avoir chez soi, et logé aux boulevards, passer en revue l’Europe entière. Aussi, tout étranger qui a séjourné à Paris, devient plus ou moins son avocat, et dans ses souvenirs confond le royaume et la capitale, oubliant qu’elle est une vraie boîte de Pandore, d’ou sortent tous les maux, n’ayant pas même d’espérence au fond.

La révolution a rompu les barrières qui séparaient les classes; Bonaparte a voulu les rétablir, mais il n’y a pas réussi, car il n’était pas maître de l’opinion. Le rapprochement entre la nouvelle noblesse et l’ancienne, est de longtemps encore impossible. Les prétentions et les droits réciproques sont fondés sur les services et les talents éminens. Les uns se glorifient des faits de leurs ancêtres, les autres de leurs propres actions. Les noms historiques de l’ancienne France, [illegible] portés en majorité par des descendans insignifians, commencent à se mêler, à se perdre et à céder le pas aux généraux et aux hommes du jour, illustrés par les titres et les richesses que prodigue tout pouvoir nouveau-venu. Mais il ne suffit pas pour être considéré, de porter un nom connu d’ancienne date, ou enrégistré modernement par l’histoire; il faut y joindre celui d’un homme pur, et c’est ce qui se voit bien rarement aujourd’hui en France.

La diversité de castes et d’opinion a amené la multitude des partis. On dit qu’un des plus nombreux est celui des socialistes, qui se fractionne lui-même en un nombre infini de nuances plus ou moins détectables. A mon avis, [p. 92] la masse la plus considérable est celle qui se compose des gens, qui ont le double avantage de pouvoir dire qu’ils ont servi tous les pouvoirs et tout le monde, et que par là ils ont acquis de l’expérience.

Les démocrates cherchent à se faire craindre par leur influence dans les départemens, et ont à leur disposition la majorité des auteurs et des journalistes. Ils influent beaucoup la jeunesse, dont ils montent les têtes en les poussant à secouer un joug honteux. L’étourderie française, la crédulité et l’ambition de faire parler de soi, ne leur fournissent que trop de prosélytes. [illegible] était les [illegible] de ville et la peur qu’ils ont de Napoléon, ils avaient depuis longtemps fomenté des troubles à son gouvernement. La mauvaise humeur des Français qu’ils ont contre lui est toujours le résultat de la lecture des journaux et des brochures, qui se trahit en discours dans lesquels ils renversent le gouvernement, sans savoir ce qu’ils mettront à sa place. Conspirer est devenue une seconde nature pour beaucoup de gens, qui après avoir servi et trahi tour-à-tour les Bourbons, Louis-Philippe et la république, se sont fermés toutes les issues aux faveurs. Mais les plus enragés sont arrétés dans leurs projets par la conviction qu’une révolution serait étouffée de suite par la force-armée, et les démocrates ne craignent rien tant que le régime militaire, qui arrête, interroge, condamne et exécute sans jury et sans appel. Beaucoup de gens riches se trouvent parmi les libéraux, mais ne restent dans leurs rangs que dans l’espérence de parvenir au ministère à un bon poste; car les titres, et surtout les places qui preuvent faire ou augmenter la fortune, sont le but unique des personnages marquans de tous les partis. La révolution les effraye également par le danger auquel ils seraient exposés, car pendant la convention on en voulait aux classes entières, maintenant cela serait aux individus; chacun a sa victime et son bourreau, et les massacres se feraient comme les pros- [p. 93] criptions ches les romains.

La plus grande partie des militaires marquans, est dotée assez richement pour pouvoir s’adonner à la mollesse et ne pas désirer s’en priver. Il n’y a pas deux généraux qui soient unis entre eux et ils attaquent continuellement la réputation de leurs collègues. Leurs vœux se bornent à conserver leurs fortunes, leurs grades, et à rester dans le pays en s’occupant de petites intrigues. Les officiers subalternes au contraire désirent la guerre, pour arriver à leur tour à la fortune, et brûlent du désir de se battre avec les anglais, qu’ils rosseront à mort.

Les hommes marquans dans la robe sont probes et exercent leur ministère avec sévérité. Ils tâchent de se faire une réputation, et comme dans la magistrature on ne parvient aux grandes charges que par l’éloquence et l’intégrité, ils prennent ce dernier parti, qui est au pouvoir de chacun. Les procureurs sont souvent contrariés par le jury, lequel ne prononçant que d’après la conscience, en fait souvent le sacrifice aux considérations politiques, à une fausse philantropie, et surtout à la crainte d’être notés comme agens du despotisme et victimes à la première occasion. Les avocats, la plupart des jeunes gens, forment une classe aussi nombreuse que détestable. Ils ne manquent Il n’y a pas de cause si mauvaise dont ils ne se chargent, et ne manquent jamais dans leurs plaidoyers de crier à l’arbitraire, de semer des sarcasmes contre le gouvernement, et d’accumuler les sottises et les calomnies contre ses agens. Leur but est de se faire remarquer par le parti libéral; une louange de gazette, une invitation à dîner, un mauvais portrait lithographié, sont les récompenses qu’ils ambitionnent.

A l’exception des évêques et des chanoines, le clergé est dans la misère. [p. 94] Le gouvernement ne s’est pas jusqu’à présent occupé d’améliorer le sort des curés de village, et ceux-ci jouissent de peu de considération. Il faut avouer qu’ils le méritent, car beaucoup d’entre eux sont infectés de doctrines socialistes et démocratiques, sont loin d’observer la chasteté, et occupent trop souvent le public par des condamnations infâmantes prononcées en cour d’assise. Le haut clergé vient de donner un exemple déplorable, par ses discours et ses publications, à propos de l’enseignement des classiques anciens, et en prenant fait et cause pour le pape; non, en tâchant d’appitoyer les esprits pour sa personne, mais en les irritant et se déchirant entre eux. Il est fort difficile de préciser maintenant quelle est la doctrine que professe le clergé francais; est-il gallican, ou ultramontain? Dans plusieurs excursions que j’ai faites dernièrement dans l’intérieur du pays, il m’est arrivé souvent de causer avec des prêtres de village; il n’y en a pas un seul qui soit franchement pour Napoléon, mais ils disent: “nous le soutiendront, parceque avec lui nous sommes sûrs de voir régner l’ordre.” Je n’ai pas remarqué non plus chez eux beaucoup d’attachement pour le pape, et plusieurs-même, m’ont dit publiquement, qu’on ferait bien de lui oter le pouvoir temporel. Quoiqu’il en soit, le clergé en France possède encore de l’influence, et Napoléon a du compter avec  lui plusieurs fois et amender ses projets. Il n’y a de véritable dévotion que dans les personnes âgées et parmi les devoirs que la religion prescrit. Les jeunes gens, a l’exception d’un petit nombre sauvé de la contagion, sont ou des Athées ou des matérialistes, et affichent le plus grand[9] mépris pour la religion et ses serviteurs. Il faut pourtant espérer que la providence produira des hommes assez doués [p. 95] de vertus et d’éloquence pour relever la foi dans les âmes endurcies par l’irréligion, mais certes, ce n’est pas l’abbé Lacordaire, ni Dupanloup,[10] qui feront ce miracle.

La république des lettres est composée de savants âgés, et d’écrivains qui vivent de la plume. On peut se faire une idée de l’énorme quantite de ces barbouilleurs, quand on pense que depuis 1792 il a été déposé à la bibliothèque nationale près d’un million et demi d’ouvrages, sans compter les articles de journaux. La politique, les mémoires, la biographie, les vers de circonstance, les pièces de théatre, les journaux et revues, occupent des millions d’écrivailleurs et les font exister, car le mensonge et la calomnie sont toujours accueillis par le public avec plaisir. Les plus âgés de ces hommes de lettres sont pour la pluparts des frondeurs du gouvernement, parcequ’ils ne voient plus de possibilité d’avoir des titres et de devenirs sénateurs comme les Lacépéde, Chaptal, Fontanes[11] et autres; mais aucun d’eux ne dédaigne une pension, une augmentation de traîtement, une bonne place, la croix de la légion d’honneur. Ils sont toujours prêts à offrir leur plume aux ministres et leurs services au gouvernement. Ils poussent l’insolance dans leurs écrits à un degré étonnant; la religion, les souverains, les nations, sont traités avec une ignorance crasse, qui n’est surpassée que par une licence révoltante, et je n’ai jamais pû concevoir comment les ministres des puissances laissent si souvent passer ces sottises, sans porter plainte. Ils donnent pour raison de leur indifférence, le scandale que produirait un jugement public, par la défense insolante de l’accusé. Mais d’un autre coté il en résulterait un avantage réel, car il y aurait un coupable de puni et un frein de mis à l’impudence, qui ne s’arrète jamais quand elle peut impunément braver les loix.

Depuis la révolution de juillet il s’est formé en France une classe à part [p. 96] toute spéciale d’écrivains, surnommés romanciers socialistes, qui ont énormément contribué à la démoralisation du peuple. Leurs infâmes romans, distribués dans des éditions à bon marché et par cela lus par les accessibles aux[12] plus pauvres, prêchent les doctrines les plus pernicieuses, l’athéisme, le renversement de tout ordre social, le mépris au gouvernement, et encensent toutes les passions sensuelles et surtout l’adultère. En tête de ces empoisonneurs se placent Eugêne Sue, madame SandGeorge Sand et Lamartine.[13] Les cabinets de lecture publics[14] sont remplis de ces ouvrages, qui sont les seuls qu’on demande, et je ne comprends pas comment le gouvernement n’établit pas une censure sévère et un contrôle permanant sur ces antres de perdition, qui au lieu de servir à l’éducation des masses, empoisonnent et corrompent des générations entières.

Qui peut, dans le moment où nous sommes, prévoir et prédire ou va la France, ce qu’elle fera, et les complications qu’elle aménera en Europe? Menée vertement par un aventurier sans foi ni loi, dont toute la politique consiste à pêcher en eau trouble; qui a l’impudence de prononcer publiquement des discours où il prétend s’appuyer en tout sur le droit et la justice, quand il les enfreint à chaque moment; dont la parole ne peut être acceptée par aucun souverain; dont toute la puissance ne se base que sur l’obéissance servile de quelques généraux et de quelques intriguans; comb quelle durée peut-on accorder encore à son gouvernement? […]

[p. 110]

571. [i.e. the no. of the catalogue item, in the margin]

Description de la ville de Paris et de tout ce qu'elle contient de plus remarquable, par Germain Brice (Dom Germain Brice, bénédictin) Enrichi de plans et de figures. VIIe édition, Amsterdam, Le Cène, 1718, 3 vol. in-12. N.13. La première édition de cet ouvrage, en deux volumes, parut en 1685; depuis il a été réimprimé neuf fois jusqu'en 1752.

N.B. Quiconque n'a pas vû Paris depuis dix ans, doit être émerveillé des changements qui s'y sont faits, et surtout de ce que cela se soit fait en si peu de temps.[15] Sans entrer dans les détails, on peut affirmer que maintenant Paris est la plus belle ville de l'univers. Ceux qui la comparent à Londres, ont tort; car il n'y a pas de comparaison à faire entre de la brique et de la pierre de taille, entre de lourds bâtiments et des monuments splendides. Il y a cependant deux reproches graves à faire à la municipalité de Paris, et qu'elle devrait tâcher de faire disparaître: c'est l'exéguité des places dans les théâtres, qui vous fait subir une vraie torture, et la saleté de tous les hopitaux, où l'on est suffoqué par le mauvais air; aussi la mortalité y est-elle plus grande, comparativement, que dans ceux des autres capitales de l'Europe.

[p. 116]

599. [i.e. the no. of the catalogue item, in the margin]

Français (les) peints par eux-mêmes. Paris, Carmer, 1840-1842. 9 vol.gr. in.8° (y compris un vol. de suppl.. sous le titre de Prisme.) fig. col.

N.B. Depuis que l’art de l’imprimerie s’est propagé, les français n’ont cessé de se mocquer de tous les peuples du monde, et de leur prodiguer sous les formes de la calomnie, du mépris et de la raillerie, les injures les plus sanglantes. Dans l’ouvrage ci-dessus ils se peignent sous les dehors les plus séduisans, et il n’y a pas d’ombre dans leurs tableaux. Ajoutons-y cette ombre absente, et selon l’Evangile rendons-leur oeil pour oeil, dent pour dent. Apprenez à vous mieux apprécier, messieurs les Français, et rougissez, si vous le pouvez.

De l’instruction des Francais.

Elle est nulle sous le rapport de tout ce qu’un homme civilisé doit connaître. Il y a en France des savants, c’est-à-dire des hommes spéciaux, qui connaissent parfaitement une, ou plusieurs sciences, mais qui sont à tout autre égard d’une ignorance crasse; nous en voyons la preuve dans leurs écrits, quand ils parlent d’autres pays que leur patrie, et dans leurs débats soit-disant parlementaires, où se disent les plus fortes sottises sans provoquer de contestation. Cette ignorance des français, qui brille surtout dans la géographie et l’histoire, est basée sur deux causes fondamentales. La première est le mode d’instruction publique, qui ne cherche à former que des éléves spéciaux, en but d’une profession lucrative, et qui, par l’enseignement des langues mortes, ôte le temps et exclut la faculté d’apprendre les langues vivantes; ce qui prive des moyens de se civiliser et en étudiant les autres nations, soit en lisant les produits de leurs littératures, soit en voyageant. La seconde cause est la chéreté des bons livres en France, ce qui fait que la lecture y est beaucoup moins en usage que dans beaucoup d’autres pays, excepté celles des mauvais ouvrages, répandus à bon marché par les sociétés secrètes […]

[p. 118]

De la dépravation des Francais.

Chaque étranger qui a beaucoup voyagé et puis séjourné quelque temps [p. 119] dans les villes populeuses de la France et surtout à Paris, peut certifier que nulle part la dépravation n’est aussi patentée et ne s’étale avec autant de cynisme. L’amour pur, cet amour qui transporte et élève, n’est plus connu des français; ils l’achètent, où pour de l’argent comptant, ou par contrat de marriage. Dans aucune contrée de la terre on ne voit de femmes aussi impudentes, et Paris seul au monde[16] possède des maisons publiques, connues et tolérées par la police, où le culte de Sapho[17] est ouvertement pratiqué. Maisons fréquentées, non seulement par des hommes, mais dans lesquelles des femmes même, vont se livrer à d’affreux transports. Aucun peuple ne possède une littérature aussi érotique que les français, et aucune autre nation n’a vû imprimer chez elle des œuvres comparables à celles du marquis de Sades et Cie [i.e. Compagnie];[18] poisons infâmes qui se vendent presque publiquement et infestent les écoles.

De la littérature francaise.

Voici une chose dont les Français peuvent à juste titre se glorifier, mais seulement dans le passé, et non dans le présent. Les productions littéraires du XVII et XVIII siècles ont fait briller la France avec éclat, mais les représentans de cette littérature, dont quelqu’uns furent cependant bien malfaisants pour l’humanité, étaient tous plus ou moins instruits. Aujourd’hui quelle decadence! Chaque cuistre, qui ignore même les règles de la grammaire, écrit et imprime. A St. Simon a succédé Vidocq; Larochefoucauld est remplacé par Proudhon; Montesquieu par Thiers, Molière par Scribe et Cie.[19] Les penseurs sont remplacés par des romanciers, et de l’histoire on fait un roman. Les historiens actuels sont les plus insignes menteurs que la terre ait jamais portés, et les contes et les sottises qu’ils débitent sont acceptées par les français comme des vérités pour lesquelles ils ne croient pas le doute possible. Il est à remarquer que la moitié [p. 120] des mémoires, qui se sont imprimés en France, sont apocryphes.

Honnêteté des Francais.

Dans un pays ou chacun veut faire fortune en un instant, la probité ne peut pas exister. Pour constater celle des Français il suffit de compter le nombre des compagnies par actions qui ont floué le public, de suivre dans les journaux les mouvemens de la Bourse, et de faire attention au total des banqueroutes frauduleuses.

Code  français.

Il est si bien composé, que dans sa partie la plus grave, dans la justice criminelle, les juges n’osent pas appliquer la loi, et le jury la fausse au moyen des circonstances atténuantes.

Coutume ridicule.

Il y en a beaucoup en France, mais pour le moment je ne veux parler que de celle qui consiste à prêter serment de fidélité au souverain régnant ou à la constitution. Il est vrai que le francais regarde le serment de fidélité comme sa propriété; voilà pourquoi après l’avoir prêté, il le reprend. Mais après le mot de Talleyrand:[20] “eh Sire, c’est le quinzième,” on pourrait bien abolir ce vieil usage qui ne signifie plus rien. Dernièrement encore, un député de Lyon, nouvellement élu, a imprimé qu’il ne considérait le serment que comme un moyen d’entrer à la chambre. Monsieur de Morny ne s’est fait aucun scrupule de recevoir ce serment tel quel, Monsieur Hénon n’a pas rougi de le prêter, et ses collègues n’ont pas protesté.[21]

Des manières des Français.

J’ai connu dans ma jeunesse ce qu’on appelait des restes de l’ancienne monarchie française. Ces représentans d’un autre siècle étaient des modèles de politesse, d’urbanité, d’elégance de ton et de bonnes façons; mais aussi ils n’avaient pas passé leur enfance dans les écoles publiques et s’étaient formés aux bonnes ma- [p. 121] niéres dans le sein de leurs familles. Aujourd’hui les enfants de toutes les conditions sont envoyés au collège, et comme la majorité des élèves est composée d’enfants du commun, tous y contractent la trivialité du ton et du langage, qui leur reste habituelle pour la vie et les fait se conduire en société comme des crocheteurs. Les français sont bien loin cependant de se croire mauvais ton; ils sont au contraire persuadés d’être des modèles de bonne tournure et d’élégance, et aidés par leur impudance naturelle, continuent à vouloir dominer dans les salons étrangers, [AR’s comment in margin: On en peut juger par le corps diplomatique français.] et à y présider comme arbitres du bon goût. Les français du dix-huitième siècle brillaient par leur littérature, ceux du dix-neuvième trônent par leurs modes et leurs coiffures. Les ancêtres dansaient le menuet, les petits-fils dansent le cancan et la chalut.

Rostopchin catalogue page

De la propreté des Français.

Ne leur en déplaire, de toutes les nations civilisées de l’Europe c’est la plus sâle. La rareté des bains publics et leur chèreté, le haut prix du blanchissage, auxquels il faut adjoindre l’avarice des français, font que pour la majorité, l’emploi des bains est chose inconnue, et le changement de linge est peu fréquent. Il y a encore une autre cause à cette malpropreté, c’est la façon dont ils sont soignés dans les pensions, ecoles et collèges, tant particuliers, que ceux entretenus par le gouvernement. L’eau chaude pour la toilette y est chose inconnue, et pendant l’hiver la température des dortoirs est si basse, que souvent l’eau y gêle. Il en résulte que l’élève, pris de frissons au sortir du lit, et borné à cette eau glacée, s’empresse tant bien que mal à se débarbouiller au plus vite, sans jamais se laver les pieds,[22] et conserve cette habitude pour le restant de ses jours. Il est du reste fort commun en France, de voir des personnes [p. 122] de la société, quand ils sont à la campagne, ne se laver que pour aller diner. Une grande quantité d’individus, quittent leur domicile à 7 heures du matin, pour n’y rentrer qu’à minuit, et par conséquent pendant toute la journée n’ont pas où se laver les mains. De même l’absence de l’eau chaude le matin pour la bouche, fait que c’est à peine si on la rince et qu’on ne prend pas l’habitude de se gargarisier le gosier, à quoi j’attribue que les français ont généralement une mauvaise haleine […]

[p. 189]

Hollande.

N.B. Je n'ai été dans ma vie qu'une seule fois en Hollande et je n'y sois resté que 2 semaines, ce qui est insuffisant pour pouvoir juger du pays. Deux choses cependant m'ont particulièrement frappées. La première, c'est la beauté d'Amsterdam comme ville et son aspect original qui est tel que je ne trouve rien en Europe à lui comparer. La seconde, c'est le cachet de crétinisme empreint sans exception sur les figures des Amsterdamois et des Amsterdamoises, cachet tellement prononcé que je ne puis assez m'étonner qu'il nait encore été consigné par aucun voyager. Partout en Hollande, rien de particulier dans les physionomies n'attire votre attention et vous pouvez comparer les habitans de cette contrée à ceux de l'Allemagne, plus spécialement du Dannemarc, ou de la Souabe; mais à Amsterdam c'est typique. Cherchant l'explication de ce fait je lui ai trouvé une cause toute simple. Amsterdam n'est habité que par des négocians, qui depuis des siècles, de père en fils, ne s'occupent que de commerce, n'ont en tête qu'une idée, augmenter leur fortune; dont toutes les préoccupations tournent autour de l'argent; dans lesquels la passion du gain est devenue une monomanie. Tout ce qui est affaire d'imagination, beaux-arts, littérature, leur est étranger; c'est cette absence de toute fonction intellectuelle qui a éteint leur regard, sardinisé[23] leurs visages, hébété leur entendement, matérialisé leur cerveau, et leur a donné l'aspect dont j'ai été si intrigué d'abord.

[p. 202]

Japon.

N.B. Voilà un pays qui ne demande qu'à ce que on le laisse tranquille, et que l'Europe persécute pour y introduire soi-disant la civilisation, c'est-à-dire la négation de tout pouvoir et de tout principe moral, l'anarchie et la vérole. Et comment veut-on que les Japonais ne rejettent pas de toutes leurs forces l'introduction dans leur pays de relations avec les peuples civilisés, quand ils voient que les premiers rapports qu'ils ont avec eux sont employés par les Anglois à les flouer de cent pour cent par l'échange de monnaie de mauvais aloi contre de la bonne, fait que les journaux français se sont empressés de dénoncer. Mais la soif de l'or ne permettra pas qu'on se laisse vaincre par l'opposition du Japon et ce malheureux pays sera bientôt traité comme l'a été le Pérou et le Mexique par les Espagnols.

[p. 207]

Russie.

N.B. La Russie se trouve dans un moment de crise et la positions des différents partis, qui s’accordent du reste tous[24] pour attaquer le gouvernement de l’empereur Alexandre,[25] n’est pas assez tranchée, pour qu’on puisse prévoir au juste ce qui en sortira, et quand cela sortira. Jusqu’à présent le peuple a montré une patience qu’on peut à volonté qualifiée [sic] d’admirable, ou de stupide. Je crois que la raison majeure de ce calme du peuple, malgré les excitations journalières des journaux et des messeurs socialistes, est, qu’il a été longtemps malheureux et qu’il craint, dans le nouvel ordre des choses, de le devenir davantage. Opprimé par la majeure partie de la petite[26] noblesse et par les intendans des riches seigneurs, il avait du moins dans son esclavage la consolation de pouvoir se dire, qu’en cas de famine ou d’incendie, il trouverait toujours du pain et des secours de son propriétaire, qui était engagé à le faire pour son propre intéret et qui prenait son parti quand il était tourmenté par la police locale. Aujourd’hui, la main du seigneur va etre remplacée par les mains d’employés du gouvernement, et le peuple déteste avec raison ces employés, race rapace et avide, qui suçera son sang sans aucune pitié, car aujourd’hui là, demain dans un autre endroit, qu’auront-ils à ménager. La noblesse, aux trois quart composée de gens parvenus par le tchinn,[27] jusqu’à présent murmure sans dignité, et dans la génération des hommes mûrs, ne possède pas un seul individu doué de qualités assez brillantes pour être élu représentant et chef de son parti. La jeunesse, surtout celle des universités et du corps de la garde, est animée du plus mauvais esprit, turbulente, irrévérentieuse, et prête à se mettre en avant dans la première bagarre, sans savoir pourquoi, et à détruire tout, sans savoir ce qu’elle mettra à la place. Les hommes du gouvernement, en majorite sont routiniers, c’est-à-dire non ap- [p. 208] tes à gouverner, et une grande partie d’entre eux est suspectée de vénalité composée de gens plus ou moins tarés. Comme on peut le voir d’après cet exposé, l’avenir de la Russie n’est pas couleur de rose, et réside en entier dans la tête de l’Empereur Alexandre, animé des meilleures intentions pour faire le bien, mais seul, sans aides en qui il puisse se confier pour l’exécuter et isolé pour lutter contre une révolution qui débutera par la plus effroyable des anarchies.[28]

*Image credits

Cover of Rostopchin's catalogue: photograph published with kind permission of The Russian State Library (Российская государственная библиотека), Moscow
Unfinished portrait (1838) of George Sand by Eugène Delacroix: image courtesy of Olga's Gallery, www.abcgallery.com
Page in Rostopchin's catalogue: photograph published with kind permission of The Russian State Library (Российская государственная библиотека), Moscow


[1] ‘He who has lived and reflected cannot but despise people in his heart.’ These are the opening lines of stanza XLVI of the first canto of Eugene Onegin (Евгений Онегин), the novel in verse by Aleksandr Pushkin (1799-1837).

[2] Jacques Necker (1732-1804) was the Swiss-born director-general of finances in France under Louis XVI, from 1776 until the outbreak of the revolution in 1789. François-Pierre-Guillaume Guizot (1787-1874) was the most prominent statesman in France during the July Monarchy of Louis-Philippe (reigned 1830-48), under whom he served successively as Minster of Education, Foreign Minster and Prime Minister. Guizot is repugnant to Rostopchin because he is a champion of the bourgeoisie and an advocate of occupation of the political middle ground.

[3] This passage serves as the introduction to a section in Rostopchin’s catalogue which lists books on Germany. Subsequent passages which begin with the name of a country as a heading serve a similar purpose.

[4] This word has been inserted above the line.

[5] This word too has been inserted above the line.

[6] In the printed version of the catalogue (see n. 4 to the introductory essay which accompanies this text) the corresponding passage has been emended in the following way: « N.B. Ce beau pays, si richement doué par la nature, se trouve actuellement dans un état de confusion extrême, et il n’en sortira que quand la Providence lui accordera un homme supérieur, qui réunira sous un sceptre les petits États et fera la loi à toute la nation allemande. Bien des causes ont contribué à faire de l’Allemagne, au moral, une tour de Babel. En premier ligne, il faut placer la réforme, qui amena les différences de religions et engendra une multitude de sectes, qui se haïssent mutuellement. Ensuite, et comme cause finale, il y a les Juifs, qui sont maintenant dans les universités, à la tête de l’enseignement, et qui corrompent la jeunesse par leurs idées matérialistes. Dans tout autre contrée un pareil état de choses aurait longtemps provoqué des luttes sanglantes ; mais les Allemands ont, heureusement pour eux, sous la main un calmant pour l’excitation des esprits et des nerfs, et ce spécifique tout puissant, c’est la bière, qui les alourdit, tant au physique qu’au moral, et les rend capables seulement de crier, sans casser les vitres. » ([Rostopchin], Gensiskhana. Pour comprendre ce titre, lisez la note du № 468. Catalogue anecdotique, bibliographique, biographique et facétieux des livres de la Bibliothèque du Andrei Fedorovich Rostopchin : accompagné d'une vinaigrette de notes, la plupart malsonnantes, pour les morts comme pour les vivants... ; avec un portrait de l'Auteur ([Brussels]: Impr. de M.-J. Poot et C-ie, 1862), p. 35.)

[7] Large parts of this section of Rostopchin’s catalogue, from fols 89 to 96, are taken more or less verbatim from a letter that Andrei’s father Fiodor Rostopchin (1763-1826) had written in the 1820s to Alexander I: see Marquis A. de Ségur, Vie du comte Rostopchine: gouverneur de Moscou en 1812 (Paris: Bray et Retaux, 1871), pp. 296-306, and the introductory essay to this text at Xenophobia in French: Count Andrei Rostopchin’s reflections in the catalogue of his library: introduction. Material relating to the periods of the July Monarchy and the Second Empire (e.g. material on the rise of socialism in France and on the writers Eugène Sue, George Sand and Alphonse de Lamartine), on the other hand, clearly belong to Andrei Rostopchin rather than his father, who died in 1826.

[8] This word has been inserted above the line.

[9] This word has been inserted above the line.

[10] Jean-Baptiste Henri Lacordaire (1802-61), French churchman, journalist and political activist who re-established the Dominican order in France and was elected to the Académie française shortly before his death; Félix Dupanloup (1802-78), an eloquent French churchman, who as a member of the Académie française from 1854 opposed the election of agnostics to the Academy.

[11] Bernard Germain de Lacépède or La Cépède (1756-1825), naturalist; Jean-Antoine Claude, comte Chaptal de Chanteloup (1756-1832), chemist and statesman; Louis-Marcelin de Fontanes (1757-1821), politician and poet.

[12] This word has been inserted above the line.

[13] Josephe-Marie Eugène Sue (1804-57), novelist noted for his socially critical work Les Mystères de Paris [The Mysteries of Paris]; George Sand (pseudonym of Amandine-Aurore-Lucile Dudevant, née Dupin; 1804-76), celebrated novelist; Alphonse de Lamartine (1790-1869), statesman and Romantic poet.

[14] This word has been inserted above the line.

[15] Rostopchin is referring to the ambitious programme of reconstruction and urban improvement undertaken in Paris during the Second Empire by Baron Georges-Eugène Haussmann (1809-91) in his post of Prefect of the Seine, which he occupied from 1853 to 1870.

[16] The last two words have been inserted above the line.

[17] i.e. lesbianism, associated with the Greek poetess Sappho, who lived in the seventh-sixth centuries BC.

[18] Donatien Alphonse François, Marquis de Sade (1740-1814), amoral philosopher.

[19] Claude Henri de Saint Simon, comte de Rouvroy (1760-1825), early French socialist; Eugène François Vidocq (1775-1857), criminal and later criminologist and detective; François de La Rochefoucauld (1613-80), author of maxims; Pierre-Joseph Proudhon (1809-65), anarchist political thinker, journalist and political activist; Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu (1689-1755), political philosopher; Louis-Adolphe Thiers (1797-1877), politician and historian; Molière (Jean-Baptiste Poquelin, 1622-73), playwright considered one of the masters of comedy in the western repertoire; Augustin Eugène Scribe (1791-1861), dramatist and librettist noted for his vaudevilles.

[20] Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838), diplomat and chief French negotiator at the Congress of Vienna in 1814-15.

[21] Charles Auguste Louis Joseph Demorny, comte de Morny (1811-65), financier and politician during the July Monarchy, Second Republic and Second Empire; Jacques-Louis Hénon (1802-72), doctor and botanist elected as a deputy for the Rhône under the Second Empire.

[22] The words « sans jamais se laver les pieds,» have been inserted above the line.

[23] Rostopchin may have invented this word. He presumably means that the expressions of the Amsterdamers are so vacuous that their faces remind him of fish.

[24] The last word has been inserted above the line.

[25] i.e. Alexander II.

[26] The last word has been inserted above the line.

[27] i.e. rank (чин). The last ten words have been added above the line.

[28] In the printed version of the catalogue (see n. 4 to the introductory essay which accompanies this text) this introductory note on Russia is replaced by the following note: « Certes, ce n’est pas le manque de matières qui m’empêche de faire une introduction à l’histoire de mon pays ; ce que je pourrais dire est très-nettement amalgamé dans ma tête, mais je ne l’en ferai pas cependant sortir : premièrement, parce que je trouve parfaitement inutile et surtout inconvenant de détailler aux yeux de l’Europe des maux et des abus qui ne la regardent pas ; secondement, parce que dans tout ce que j’aurais à dire de bien, je ne seriais pas cru par les étrangers, qui de parti pris sont décidés à trouver tout mauvais en Russie. Quant à mes chers compatriotes, qui pourraient profiter de mes idées, je n’ai aucune prétention à passer à leurs yeux pour un second exemplaire du prophète Jérémie, et de plus, je me souviens du proverbe : Nul n’est prophète en son pays, que j’ai quelques raisons de me croire applicable. A bon entendeur, salut. » ([Rostopchin], Gensiskhana, p. 161.)

 

Author of text: 
Rostopchin, Andrei
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Date: 
1861
Gender: 
Male

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